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A l’hôpital : le patient n'a pas d'oreilles

  • Photo du rédacteur: InBtw_Coach
    InBtw_Coach
  • 1 oct. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 19 oct. 2025

L’expérience patient à l’hôpital ne se limite pas aux soins médicaux. Elle est faite de gestes, d’attentions… mais aussi de mots des soignants. Or, ces mots, prononcés parfois sans y penser, laissent une trace profonde.

Beaucoup de patients témoignent de phrases entendues au détour d’un couloir ou d’une chambre : des paroles techniques, crues, parfois détachées… et qui résonnent longtemps après la sortie. Ce vécu soulève une question essentielle : quelle place donne-t-on réellement à l’écoute et au ressenti du patient en milieu hospitalier ?


Le Patient , piqué aussi par ce qu'il entend.. !
Le Patient , piqué aussi par ce qu'il entend.. !

L’expérience patient : plus qu’un corps, une âme à l’hôpital


Lorsqu’on se retrouve hospitalisé, on découvre un autre monde. Un monde où le temps est rythmé par les constantes, où la lumière ne s’éteint jamais vraiment, où les corps reposent mais où l’esprit, lui, reste éveillé… malgré l’épuisement.

Dans ce monde, on a souvent l’impression que le patient n’a pas d’oreilles. Comme si l’on devenait invisible, réduit à un corps qu’il faut soigner, brancher, piquer, déplacer. Comme si l’âme qui habite ce corps n’existait plus, ou qu’elle s'efface le temps des soins.

Et pourtant, elle est bien là. Présente. Consciente & fragile.


Quand les mots des soignants blessent plus que les actes


Dans les couloirs, dans les chambres, on entend des conversations qui semblent flotter au-dessus de nous. On nous lave en parlant de vacances. On nous soigne en utilisant des mots techniques, parfois crus — « traire », ai-je entendu un jour. On échange entre soignants sans toujours poser un regard, comme si nous n’étions plus vraiment là.

Et puis, un jour, une phrase tombe : « Les mitrales, ça meurt». Des mots jetés vite en débrief du matin. Des mots justifiés par la pensée médicale. Mais qui s’incrustent en nous comme une brûlure.


Le patient, contraint mais pleinement conscient


Être patient, c’est souvent être contraint. Le corps attaché par une sonde, des drains, une intraveineuse. Le bras transpercé, le sang séché sur la peau. Un corps dont on ne dispose plus.

On ne choisit plus rien, sinon de supporter. Et dans ce lit qu’on ne peut quitter, on dort à peine. Le manque de sommeil use. Il rend vulnérable. Il épuise l’âme au point qu’on en vient à perdre pied.

Dans cet état de demi-veille, chaque mot devient plus lourd, chaque phrase plus tranchante. On ne peut pas s’échapper. On entend tout. On ressent tout.


Pourquoi les soignants posent des barrières émotionnelles


Je comprends les soignants. Pour tenir dans ces métiers, il faut parfois se protéger. Créer une distance. Poser une barrière pour ne pas être englouti par la douleur des autres.

Mais du lit, cette barrière ressemble parfois à un mur des lamentations. Un mur qui prive le patient de son humanité. Un mur qui donne l’impression d’être un objet de soins, et non une personne en cours de guérison avec un espoir de reconstruction.


Humaniser l’hôpital : redonner une oreille et une voix au patient


Le patient n’a pas d’oreilles, pense-t-on à tord. Car c’est faux : il entend tout. Il se souvient de chaque mot, de chaque regard, de chaque silence aussi.

Et chacun d'entre eux à un impact, faire grandir le doute et la peur, ou devenir rassurant, parfois caressant une humanité recroquevillée qui ne demande qu'à reprendre sa place.


Alors, peut-être qu’il est temps de redonner aux patients ce qu’on leur retire trop souvent :

  • Une oreille qui écoute autre chose que les constantes.

  • Des médecins avec des mots qui apaisent & rassurent.

  • Un regard qui reconnaît l'autre et pense aussi à l'après.


Car derrière chaque corps soigné, il y a une âme qui cherche à tenir debout. Et parfois, il suffit de peu : un mot dit autrement, un geste plus attentif, une simple reconnaissance de notre présence.


Parce qu’entre le silence et la parole, il y a un espace fragile où se joue une grande part de notre potentiel de reconstruction.


Et vous, qu'avez vous vécu ?

Si vous êtes / avez été patient·e, qu’avez-vous entendu à l’hôpital qui ne s’efface pas ?

Si vous êtes soignant·e, comment vivez-vous cette nécessité de protéger votre humanité au contact de tant de souffrance ?


Laissez-moi vos commentaires sous cet article, ce sera un plaisir de partager avec vous.


Les chutes passées ne préjugent pas des réussites futures. Oser dire, agir et se reconstruire.

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💜 Michelle Rulence – Coach Thérapeute (méthode intégrative) & fondatrice de In Between / Spécialisée en transitions de vie après rupture ou problème de santé.


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